Mon voyage à travers le beau chapitre de Jodorowsky sur le travail de Magdelena s'achève. Cette exploration de la poésie du corps tire à sa fin. Le chapitre, "De la peau à l'âme", est presque fini mais durera encore quelques pages, quelques jours, Je voudrais que ce soit le commencement d'une toute nouvelle relation avec mon corps. Je le désire si fortement que c'est en train de se passer... De mot en mot, de cellule en cellule, le subtil de ma matière se révèle enchanteur!
"Tu comprends ? Tu avais vécu toute ta vie sans prendre conscience de l'immense plaisir, du miraculeux échange qu'est respirer. Lorsque tu nettoies ton esprit, l'air que tu exhales purifiera les êtres et les choses... Ton passage par le monde sera un ensemencement continuel... Écoute bien, enfant chéri de l'âme: il y a deux manières de sculpter, celle des artistes et celle des dieux. Les artistes prennent un bloc de matière et créent leur sculpture de la surface vers l'intérieur. Les dieux partent d'un centre, la source d'origine, où ils se concentrent, et de là font croître l'oeuvre, le corps, de l'intérieur vers l'extérieur... Les viscères qui t'ont parlé aujourd'hui s'appellent ainsi parce qu'ils habitent dans l'intérieur de ton corps. S'ils étaient à sa surface, ils s'appelleraient organes. Notre sexe interne, à nous les femmes, est un viscère. En vous, les hommes, le viscère devient organe. Nous, nous sentons notre vulve comme un centre créateur: vous, vous sentez le phallus comme un companion, un outil agréable et vous le séparez du centre émotionnel... Couche-toi, je vais donner des racines à ton sexe..."
Le massage que Magdelena me fit alors n'avait absolument rien à voir avec la masturbation ou les caresses érotiques. Elle m'en avait bien averti avant de commencer: "Ne te trompe pas, regarde, je prends l'un de tes pieds, sens la qualité de mes mains, elles sont tendres, n'est-ce pas ? Je le tiens comme une mère tient son nourrisson; maintenant , je prends tes parties génitales, la qualité ne change pas, c'est la même tendresse maternelle, celle qui protège et soigne... Naie pas peur, ne te défends pas et n'aie pas honte, il est normal d'avoir une érection, laisse-toi manipuler, ne cherche pas le plaisir mais la compréhension."
Magdelena saisit mon membre de sa main droite et appuya l'index de sa main gauche sur le trou de mon urètre. Elle exerça une pression vibrante, entièrement concentrée au bout de son doigt. J'eus la sensation qu'elle créait un tout petit soleil qui au lieu de brûler émettait de la vie... Elle descendit par la partie supérieure du gland, puis traça un invisible sillon dans le corps, traversa par le pubis et remonta jusqu'à mon nombril, puis au plexus solaire, et enfin arrêta son tracé au sommet de mon crâne.
"Ça , c'est la première racine de ton organe, elle arrive au sommet de ton crâne et en guise de nourriture absorbe l'énergie qui pleut des cieux..."
Aussitôt, elle replaça l'index sur la bouche de l'urètre attendit quelques instants pour créer le point intense et descendit le doigt vers la partie inférieure en passant par le frein du prépuce pour arriver aux testicules, traverser le périnée, monter entre les fessiers, parcourir la colonne vertébrale, la nuque et arriver de nouveau au sommet du crâne.
" Si la première racine absorbe les énergies lumineuses, la deuxième entre dans la nuit qui loge dans ton dos, arrive à la volonté qui se fabrique dans ta nuque et retrouve l'autre racine au point le plus haut, celui qui te relie aux étoiles...
( Mu, le maître et les magiciennes, pages160-161-162)
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