"Cher enfant de l'âme, ce que tu me demandes, tu ne peux l'obtenir qu'en entrant dans ton coeur...
Seconde après seconde, cet ami qui est pure dévotion, telle une noria divine, fait circuler la vie en toi. Il bat à un rythme qui vient de l'instant où l'esprit ancestral s'est manifesté. Si tu te concentres, tu sentiras dans ta poitrine la parole première, le redoublement du tonnerre qui engendre l'existence, la danse de la matière obéissant à l'ordre incessant de la multiplication. Sous tes côtes tu portes un moteur têtu, empressé, sûr comme une flèche qui avance dans un ciel vide, oiseau géant qui te porte vers l'éternité. C'est pourquoi tu ne dois pas le contrarier, n'importe quelle frustration contracte l'un ou l'autre de tes muscles, et ton coeur, étant leur roi, ressent ces tensions, aussi infimes soient-elles, et il les accumule au fil du temps, ce qui lui fait peu à peu perdre tout intérêt de te conduire au port divin. Alors, il te punit, en se punissant. Il s,affaiblit, s'embourbe, détonne, bégaie... Et cette perte de rythme annonce que les portes célestes sont en train de se fermer pour toi... Laisse mes masssages lui rendre la confiance, crois en lui afin qu'il croie en toi de nouveau, sens-le, envoie-lui un sang rempli d'amour, ne le rejette pas en ignorant sa présence et en l'imaginant comme une horloge qui compte les minutes te menant à la mort. Le coeur ne menace ni ne compte rien, son travail essentiel consiste à verser l'espoir dans tes veines... Laisse-le palpiter, imagine que c'est un aigle, monte sur son dos, regarde comme il ouvre ses ailes immenses, comme il te porte vers un avenir miraculeuux...
Tu es tellement habitué à vivre comme une victime que le bonheur que tu reçois à cet instant te fait pleurer... cette souffrance d'orphelin doir cesser, je vais réveiller la conscience de tes poumons, eux connaissent le plaisir de l'air, du chant, la victoire d'avoir surgi de l'eau pour toujours; mâle, trois lobes le droit, et femelle, deux lobes le gauche, aspirant la transparence du monde ils t'invitent à t'élever jusqu'au-delà des étoiles. Laisse aller tout l'air, ne pense pas que tu es en train de t'étouffer, sens ces deux amis spongieux ainsi, vides, et comprends peu à peu qu'ils adorent l'infini. Garde-les au repos, sans te contracter, calme, le plus que tu peux tandis que tu observes ton squellette, ta chair, ta peau implorer son invisible aliment...
Et maintenant, doucement, laisse entrer cet oxygène nécessaire, ce mets exquis. Garde-le en toi, le plus longtemps possible, fais-en un élixir qui pénètre dans chaque cellule en enrichissant son noyau de conscience... Expire lentement, enrichis à ton tour le monde: quand les poumons reçoivent le don du ciel, tu donnes à l'air respiré les énergies de la terre, tu es le pont, pour toi les anges vont et viennent, montent et descendent comme le rêve de Jacob..." ( Mu, le maître et les magiciennes, pages159-160)
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