J'écris et je n'arrive plus à arrêter... J'espère que vous irez jusqu'à la fin vous aussi...
"... Tu dois réapprendre à sentir tes mains. Voyons si tu peux les ouvrir. Écarte les doigts, tends les paumes... Encore plus...Tu vois ? Tu ne peux pas le faire complètement. Tu as du mal à lâcher ce que tu crois être toi. Tu portes accroché un poids mort invisible: tes sécurités, tes craintes de ne plus posséder, de perdre ce que tu crois nécessaire. Tu te contentes d'une poignée de pièces sans savoir que l'argent de toute la planète t'appartient. Ouvre tes mains jusqu'à sentir qu'elles perdent leurs limites, qu'elles contiennent la terre entière, le ciel infini, l'univers éternel... Ne désire rien garder, ne désire rien posséder, accepte de tout donner, de tout recevoir. Sens comme elles aspirent et expirent, en suivant le rythme de tes poumons; sens le flux et le reflux du sang, inclus-les dans la palpitation de ton coeur, laisse-les se nourrir de la chaleur de la vie. Une vie qui n'a pas de fin parce que étant pur amour elle est impérissable... Replie tes doigts maintenant. Vois la force noble qui transcende tes poings, ce sont deux guerriers prêts à lutter jusqu'au bout de la mort et ensuite, comme deux fleurs sacrées, à s'ouvrir pour que jaillisse de tes paumes la nouvelle vie... Je t'en prie, mon fils, retrouve la mémoire... Sens tes mains rapetisser... Plus petites...Encore plus... Tu portes en elles les sensations que tu avais quand tu étais foetus: palpe l'eau divine qui te submerge dans le sein de ta mère, sens l'innocence, l'immense tendresse qui se loge dans chaque cellule de ta chair, la reconnaissance vis-à-vis du mystère qui leur permet de naître, le plaisir de l'énergie qui revient au monde, une fois de plus le don de la matière, âme née au centre de ta chair... Deviens mère de tes mains, promets-leur le monde, apprends-leur à aller au-delà du dense, laisse-les connaître la secrète poésie de l'espace, mets-toi à sculpter des volumes en l'air, que ton toucher ne soit pas seul à connaître ces sculptures invisibles... Maintenant, grandis... Laisse venir le souvenir, que de tes paumes naissent ces premières caresses...Tu n'avais pas d'expérience sensuelle, tout était nouveau... Tu tâtais peu à peu les distances, il n'y avait pas de séparation, tu savais qu'en étirant tes bras tu pourrais toucher les étoiles... Dans ces mains, tu portes maintenant tout le passé. Sens qu'elles sont encore des griffes, des sabots, des tentacules, va plus en profondeur, arrive à l'époque où elles furent métal, pierre, énergie primordiale. Maintenant, reviens, palpe en direction du futur, sens tes doigts s'allonger, devenir transparents, devenir ailes, ondes lumineuses, chant angélique... Vois-tu la force que tu peux transmettre ? Si tu leur enlèves leurs gants mentaux, tes mains exuderont une aura dorée..."
Alors Magdelena ouvrit ses mains devant mon visage. Je les vis entourées, comme elle le disait, d'une luminosité dorée. Elle les appuya sur ma poitrine, je me mis à pleurer. Je me rendis compte que ce que je recevais ne venait pas d'elle. Par un contact apparemment simple, mais en réalité magique, elle me transmettait une information qui me manquait depuis que mes parents m'avaient conçu: l'amour divin." ( Mu, le maître et les magiciennes, page 150-151)
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