lundi 27 janvier 2014

De la peau à l'âme

De la peau à l'âme est le titre du chapitre de Mu, le maître et les magiciennes de Jodorrowsky que je vous retranscris depuis quelques jours et pour encore quelques jours. Quand je dis retranscris, c'est ce que je fais, littéralement. Je recopie, je ne scanne pas.  Je recopie religieusement comme on dit une prière, comme on entre en méditation.  C'est mon exercice spirituel du moment. Je suis enchantée par les mots de Jodorowsky, je suis emportée dans une nouvelle réalité corporelle, une nouvelle façon de me ressentir dans mon corps, ici sur terre. Que j'aime mon humanité !

"Chaque fois qu'elle me recevait, Magdelena, comme les nuages, changeait de personnalité, j'oserais même dire d'apparence. Je ne pus jamais saisir son esprit.  Je me souviens l'avoir entendue dire :" Je suis une chaise vide..." Avec ses mains, elle me transmit le sublime, injectant son humble sagesse dans mon coeur comme certains insectes déposent leurs larves dans le corps  d'un autre, afin qu'elles se nourrissent de son sang, se développent et plus tard surgissent transformées en spendides petits... Après avoir raclé tout mon corps dix fois, avec une petite baguette elle nettoya mes oreilles, me les parfuma et les enduisit d'un peu de miel.

"Maintenant oui, je peux te parler, car tu auras des oreilles douces pour entendre mes paroles... Concentre-toi... Sens ton corps. Rends-toi compte que tu le traites comme une machine, comme un bourreau qu'il faut punir. On lui permet de voir, d'entendre, de sentir, de savourer, mais on attribue à son toucher des projets morbides.  À tout moment, même nues, nos mains portent des gants. La civilisation en a fait des outils, des armes, des doigts pour presser des touches. Au service de la parole comme des animaux savants, elles ne servent qu'à souligner des concepts, elles ont cessé d'être des transmetteuses d'âmes. Tu n'as pas de mains, mon garçon, tu as des pinces coupables : chaque fois que tu touches, tu voles. Tu dois réapprendre à sentir tes mains... " ( page 149)

Aucun commentaire:

Publier un commentaire