La suite du passage, partagé hier, du live de Jodorowsky, Mu, le maître et les magiciennes
"Comprends-tu maintenant pourquoi nous devons plier nos vêtements comme on plie le drapeau de la patrie ou un ornement sacré ? Suis-moi, je vais te faire prendre un bain !
_ Mais, Magdelena, j'ai lavé mon corps avant de venir.
_ Lequel ? Tu en as sept. Et celui que tu t'imagines unique est un cadavre... Comporte-toi donc comme tel!
Je ne sus que répondre. Je fis ce qu'elle me demandait: j'oubliai ma volonté et me laissai tomber par terre. M'attrapant en des endroits très précis, elle me souleva sans aucune difficulté, me porta dans la pièce voisine et me plongea dans une baignoire remplie d'eau tiède. "Tes ancêtres avaient l'habitude de laver leurs défunts avant de les enterrer, non parce qu'ils croyaient qu'ils étaient sales, mais pour libérer leur chair et leurs six corps immatériels de leurs liens défectueux avec la matière."
Elle me savonna vigoureusement des pieds à la tête, me rinça, me savonna de nouveau, et ainsi sept fois de suite. Elle le fit avec une telle force et une telle minutie qu'au fur et à mesure qu'elle répétait les lavages je me sentais de plus en plus léger, je respirais mieux... Elle me sortit dee l'eau pour m'appliquer un parfum qui sentait l'encens. "C'est du galbanum, mon garçon. Les prêtres juifs en parfumaient leurs autels d'or. Chaque corps humain est un autel."
Je me levai sur la pointe des pieds, envahi par une sensation de bonheur, j'avais envie de danser. "Ne chante pas encore victoire. Si tu te sens bien maintenant, tu te sentiras mieux lorsque j'aurai terminé de te racler..." (page 147)
La suite bientôt. elle prendra soin de la peau, des os, des muscles
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