mercredi 13 novembre 2013

Le silence !


" Le vide, le silence du vide, constitue la seule possibilité d’accueil conscient du divin qui est déjà en soi, dormant, ignoré.  Et l’assise de ce vide est le corps.

Calmer l’agitation mentale, ce n’était qu’un concept au début de mon processus d’ouverture spirituelle. Concept que je connaissais bien d’ailleurs, mais auquel je ne m’étais jamais rendue vraiment.
Ce n’est pas tellement que j’avais peur du silence en lui-même, non. J’avais plutôt peur de la qualité purifiante du silence qui pouvait me faire toucher plus intensément à certaines douleurs encore inscrites dans mon corps. De plus, j’étais très attachée à ces histoires dans ma tête, mes petits et grands drames égotiques, mes dialogues silencieux mais verbeux avec les gens que je disais aimer et que je rabrouais pourtant à l’intérieur de moi. J’étais d’ailleurs ma pire victime, je ne me donnais que peu de répit. Je ne voulais pas que tout cela n’existe plus. Toutes les luttes que je voulais encore gagner, toutes les batailles d’ego à mener, comment accepter de m’en priver pour toujours? Sevrage jugé inopportun et qui m’aurait laissée pantoise et terrifiée face à l’essentiel de mon expérience vivante, terrifiée de la joie de vivre, autant sinon plus, que de la douleur de vivre. Éventuellement pourtant, j’ai compris que si les scénarios intérieurs anesthésiaient les vraies douleurs, ils distrayaient aussi de la vraie joie. Vous reconnaissez-vous dans ce portrait ?
Il m’aura fallu tant de temps pour arriver à moins « jaser » à l’intérieur de ma tête et, par conséquent, à trouver le goût de la joie et à la vouloir sans partage dans moncorps." (extrait de mon livre)

Faire Vipassana, c'est, entre autres, acccepter de se taire et de ne pas entrer en contact avec qui que ce soit.  C'est observer un silence total pendant presque 10 jours. C'est l'élément de ma retraite qui a été le plus facile pour moi et que j'ai aimé par dessus tout. C'était une récompense que je me donnais avec amour.

Quand j'étais jeune, le silence était une punition. Au couvent où j'étais pensionnaire, la directrice se fâchait contre nous, les élèves, et elle nous retirait le droit de parler. J'ai un mauvais souvenir de manger en silence, punie, harassée par cet horrible bruit d'ustensiles agressifs sur les assiettes, les élèves répondant par l'agressivité à l'agressivité de cette autorité. Toute la joie et les bienfaits du silence étaient massacrés. De même, elle nous réveillait souvent beaucoup plus tôt que la règle du couvent ne l'exigeait pour nous punir. Pourtant, quel contentement j'ai éprouvé de me lever à 4 heures du amtin pendant ma retraite.
Réconciliation bienfaisante avec le silence et la nuit...

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