vendredi 8 juin 2012

Accepter ce qui est ...


“… le disciple demande au maître: ”Maître, les toits sont blancs; quand perdront-ils cette couleur?” Le maître ne répond pas tout de suite, il se concentre dans son hara puis finit par dire d’une voix rude: ”Quand les toits sont blancs, ils sont blancs; quand ils ne sont pas blancs, ils ne sont pas blancs!” Voilà une réponse géniale! L’essentiel est de s’accepter soi-même. Si j’éprouve un malaise vis-à-vis de ma condition présente, c’est que je la refuse. Je cherche alors  plus ou moins consciemment à être autre que ce que je suis, en définitive, je ne suis pas moi-même. Si, au contraire, j’accepte totalement mon état du moment, je suis en paix. Je ne gémis pas sous prétexte que je devrais être saint, plus beau, plus pur que je ne le suis ici et maintenant. Quand je suis blanc, je suis blanc. Quand je suis obscur, je suis obscur, voilà tout. Cela ne m’empêche pas de travailler sur moi, de chercher à devenir un meilleur instrument; cette aceptation de soi-même n’étouffe pas l’aspiration, elle l’enracine. Ce n’est en effet qu’à partir de ce que je sais vraiment que je puis avancer.” (Jodorowski, Alexandro, Le théâtre de la guérison, Paris, Albin Michel, collection Espaces libres, page193. Les caractères gras sont de moi.)

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