mardi 22 mai 2012

Au-delà de l'appartenance


Au-delà de l'enfance, la personne commence à désirer, à se mettre en mouvement vers, à tendre la main vers une deuxième personne ou vers un deuxième monde. Grâce à un état de stabilité et un sentiment d’appartenance construits dans et par la première famille  (c’est à espérer!), l’individu passe à un état de désir, d’élan vers l’autre, vers l’autre sexe, vers le non-familier, vers « l’éloigné. » Quelle sera la santé de sa capacité à désirer ? Quelle sera la qualité de ses désirs et comment s’intégreront-ils à son système de valeurs personnelles qui se précisent en se démarquant de celui de sa première communauté?
 Vient l'adolescence et avec elle des jeux d’opposition et d’attraction. L’individu s’oppose à l’autorité, à la tribu, à la communauté, aux idées connues, préconsues, à la dépendance de l’enfance. L’ego s’épanouit, l’identité se fonde, l’identité sexuelle se précise, le désir s’affirme. C’est le travail spirituel à accomplir. L’adolescent est attiré par l’autre sexe ou, dans l’homosexualité, par un autre sexué différemment que soi, par l’indépendance, par une identité propre, par des idées nouvelles. La polarité, la dualité inhérente à toute chose apparaît séduisante et devient un moteur de changement.
 Se séparer de sa tribu est au centre de son premier vrai désir. Pour s’unir, on doit pouvoir se séparer. Pour se séparer, se dés-unir, on doit avoir fait l’expérience de l’appartenance. Pour se ré-unir, il a fallu pouvoir quitter l’union précedente. Pour s’engager à fond, il faut savoir qu’on pourrait librement quitter le lieu d’engagement. Prendre conscience de la séparation et de la différence et assumer cette prise de conscience amènent le désir de se réunir. Ceci, dans un cercle vertueux et infini…
Est-ce que chaque étape (appartenance ou séparation), à chaque fois qu’elle a été expérimentée, a été bien réussie? Précédée et suivie de son contraire ?
 Pour désirer l’autre, il faut être identifié à soi-même.  Pas à la famille, pas aux parents sans discrimination.  La rencontre avec l’autre contient la rencontre avec soi-même, la favorise et l’identité propre arrive ainsi à être mieux  définie.
Le désir de se réunir est une force vitale qui nous met en branle, nous force à bouger et donc, comporte d’une façon inhérente la peur de perdre et d’être abandonné par la personne choisie.  Ou encore d’être dominé par l’autre ou par certaines circonstances de la vie.
Le désir (dans son sens large) stimule la vitalité et engendre la fluidité, la capacité de se couler vers l’autre, que cet autre soit une personne, une possession, une création, un nouveau système de valeurs, une réalité sociale renouvelée.

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