" J’ai cherché à dire non à l’absence de l’amour, à
la mascarade de l’amour, à l’exercice de l’amour, dans le sens de s’exercer à
aimer et à orgasmer. Essayer sans ressentir me répugnait.
L’énergie sexuelle, réduite à sa dimension
strictement physique et exutoire, isolée de son aspect relationnel et
cardiaque, m’avait toujours semblé envahissante. Je ne savais pas trop qu’en
faire, comment la baliser. Ce n’était pas facile à vivre et la sublimer ne
m’intéressait pas. Non, je voulais la laisser s’épanouir, fleurir en désir, se
charger de toute son essence spirituelle, m’emporter dans un ravissement
toujours renouvelé et renouvelable.
L’énergie vitale, celle-la même qui se manifeste
dans la sexualité, doit ascender. Comme sa verticalité était contrariée en
moi, j’entrais dans une zone grise
emplie de douleur et de solitude. Dans mes relations amoureuses, les expériences premières de ma sexualité
n’avaient cesse de se décalquer, cherchant à soulager illusoirement et
« horizontalement » la tension sexuelle sans égard pour le cœur et la
conscience d’être divine.
L’ouverture de mon cœur a
été plus importante dans mon travail élevé et spirituel que l’éveil de ma
sexualité. Cependant, l’éveil de ma sexualité a permis l’ouverture de mon cœur,
l’a soutenue et s’en est nourri. J’ai intégré tout bouleversement sexuel en reconnaissant que l’énergie sexuelle est
spirituelle, en apprenant à ne plus taire mon imaginaire érotique comme
s’il était contraire à la spiritualité. J’ai laissé aller la pensée que ma sexualité obscurcit ma
relation à la lumière. J’ai laissé entrer en moi la poésie de l’amour et les
mystères initiatiques de ma féminité.
Mon sexe est sacré, ma sexualité est sacrée et j’ai
pleinement le droit d’en jouir. La confrontation à l’autre à travers la
sexualité a été un instrument de rencontre avec moi-même et avec ma divinité.
Purement et simplement." (extrait de mon livre)
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