jeudi 26 avril 2012

Bénir la sexualité


" J’ai cherché à dire non à l’absence de l’amour, à la mascarade de l’amour, à l’exercice de l’amour, dans le sens de s’exercer à aimer et à orgasmer. Essayer sans ressentir me répugnait.

L’énergie sexuelle, réduite à sa dimension strictement physique et exutoire, isolée de son aspect relationnel et cardiaque, m’avait toujours semblé envahissante. Je ne savais pas trop qu’en faire, comment la baliser. Ce n’était pas facile à vivre et la sublimer ne m’intéressait pas. Non, je voulais la laisser s’épanouir, fleurir en désir, se charger de toute son essence spirituelle, m’emporter dans un ravissement toujours renouvelé et renouvelable.

L’énergie vitale, celle-la même qui se manifeste dans la sexualité, doit ascender. Comme sa verticalité était contrariée en moi,  j’entrais dans une zone grise emplie de douleur et de solitude. Dans mes relations amoureuses,  les expériences premières de ma sexualité n’avaient cesse de se décalquer, cherchant à soulager illusoirement et « horizontalement » la tension sexuelle sans égard pour le cœur et la conscience d’être divine.

L’ouverture de mon cœur a été plus importante dans mon travail élevé et spirituel que l’éveil de ma sexualité. Cependant, l’éveil de ma sexualité a permis l’ouverture de mon cœur, l’a soutenue et s’en est nourri. J’ai intégré tout bouleversement sexuel en reconnaissant que l’énergie sexuelle est spirituelle, en apprenant  à ne plus taire mon imaginaire érotique comme s’il était contraire à la spiritualité. J’ai  laissé aller la pensée que ma sexualité obscurcit ma relation à la lumière. J’ai laissé entrer en moi la poésie de l’amour et les mystères initiatiques de ma féminité.

Mon sexe est sacré, ma sexualité est sacrée et j’ai pleinement le droit d’en jouir. La confrontation à l’autre à travers la sexualité a été un instrument de rencontre avec moi-même et avec ma divinité. Purement et simplement." (extrait de mon livre)

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