L'ouverture du coeur se fait toujours dans les larmes...
À un moment où, à travers un travail énergétique spécifique, mon coeur avait une chance de s'exprimer plus qu'avant, j'ai beaucoup pleuré sans être malheureuse. De vieilles tristesses étaient nettoyées sans perdre mon habileté à en éprouver de nouvelles. Je n'avais plus besoin des anciennes. Mes larmes m'emportaient davantage vers moi-même, avec moins d'encombrement. Mon corps pleurait
plusieurs fois par jour. Je dis que c’est mon corps qui pleurait parce que
j’avais la nette impression, à chaque fois, d’être secouée d’un mouvement
organique autonome. Rappelez-vous de quelle façon Diane Keaton, dans «
Something’s got to give, » pleure à tout bout de champ et sans préavis
mais avec une liberté totale, exprimant son chagrin d’amour avec une impudence
dont nous sommes rarement témoins. Eh! bien, je lui ressemblais. Je n’avais aucun contrôle sur ces
sanglots spontanés, brefs mais intenses, et je n’en voulais pas. J’avais retenu
mes larmes assez longtemps. Mon corps aussi était arrivé au bout de son
silence. Son énergie ne serait plus jamais sacrifiée. Je ne serais plus jamais
sacrifiée! Paradoxalement, l’abandon à ce qui se présentait physiquement, bien
que souvent difficile et appartenant au passé, a créé en moi une plus grande
habileté à vivre dans le présent et sa fibre heureuse. Je n’ai jamais autant
pleuré, je n’ai jamais été aussi joyeuse!
Enfin, la joie…
J'ai hâte de retrouver mes larmes, pour enfin rentrer chez moi. Je ne pleure plus depuis si longtemps; pourtant, je sais que la tristesse vit à l'intérieur de moi, en solitaire, puisque je ne peux l'accompagner vers la sortie...
RépondreEffacerSuzanne