Ma réflexion sur la féminité s’est beaucoup enrichie de la lecture du très beau livre de Marion Woodman: Obsédée de la perfection. Elle y démontre avec brio comment de nombreux siècles d’autorité patriarcale ont causé l’absentéisme de la conscience corporelle, l’investissement excessif de la rationalité et de l’intellectualisme, l’établissement de valeurs matérielles et compétitives. La féminité, de par sa créativité et ses valeurs cardiaques, à cause de son mouvement à la fois plus expansif et plus incarné, a été réprimée et jetée au rancart. Même après des années de combat, les femmes ne sont pas plus épanouies en tant que femmes. Elles ne sont guère plus heureuses sexuellement. Elles ont revendiqué le territoire masculin d’une façon presque virile au détriment de leurs vies intimes et de leur puissance intérieure. Marion Woodman propose de “décapiter la sorcière malveillante” qui a établi ses quartiers dans la tête à la manière de Méduse, la déesse portant ses pensées comme un chapeau fabriqué de mille serpents si bien que son crâne même est un nid de vipères. Elle dit: “Quand on intellectualise un problème, le corps est cruellement négligé.” Cruellement, le mot n’est pas trop fort. Le corps est le porteur du féminin de chacun, homme et femme, il est ce féminin même. Confronté à l’abandon, il exprime sa révolte à sa façon. Par l’anorexie mentale, la boulimie ou encore l’obésité, le corps peut devenir une caricature de celle ou de celui (les hommes sont de plus en plus touchés par ces maladies) qu’il incarne. Il peut être affligé de malaises douloureux ou de maladies mortelles, il peut souffrir d’une apathie des sens. Il existe souvent sans plaisir sexuel réel ni grande vitalité.
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