jeudi 28 avril 2011

De la tête au corps



"L’Occident a déifié la tête et continue de l’idolâtrer. « Je pense, donc je suis » disait, d’une façon très cartésienne, le philosophe du dix-septième siècle. Le rationalisme et l’esprit scientifique se sont imposés et la technologie a compliqué notre quotidien tout en l’allégeant grandement. Je me demande ce qui arriverait si on osait affirmer: « J’ai un corps, donc je suis. »

Au cours du siècle dernier, même si tout n’est pas gagné, les femmes ont progressé énormément socialement, professionnellement et économiquement tandis que la féminité perdait du terrain. Dans ce monde qui s’est voulu prioritairement masculin et qui se débat pour le rester, en cette ère post-féministe où les acquis ne sont pas aussi nombreux qu’il y paraît, le sujet de la féminité reste vague, presque tabou. Je parle ici évidemment du fait féminin intérieur, pas de l’apparence parfois grotesque d’un corps objet, déguisé en une image sexuellement acceptable et soi-disant désirable, perfectionné virtuellement ou à grands renforts chirurgicaux. La déroute émotionnelle d’un être dont le corps a été renié au profit d’une attente culturelle stéréotypée semble masquée sous “le paraître” mais elle n’est parfois que trop évidente. Non, je ne parle pas du dehors, je parle du dedans. Mon propos n’est pas social ou économique, ce qui ne serait pas négligeable. Écrire longuement sur la situation des femmes est encore important, voire urgent.  Pour le moment cependant, mon intervention porte sur la quête du pouvoir féminin. L’essentiel de ce pouvoir tout intérieur ne se situe pas dans la tête mais bien dans le corps, et ceci est vrai aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Le corps est la première destination d’un cheminement spirituel, le premier seuil à franchir pour celui ou celle qui cherche une voie d’approche du divin. Les dictons populaires sont toujours très parlants, on dit bien s’investir “corps et âme” dans un projet de vie! L’Orient témoignait de cette nécessité en offrant le yoga comme premier pas vers l’éveil ou, peut-être devrais-je dire, comme moyen essentiel à l’éveil."(extrait du livre que j'écris présentement)

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