Méditer au féminin ou au masculin
Les voies
d’accès au divin sont multiples et changeantes. Mystérieuses, complexes ou
simplistes, elles s’imposent à notre attention avec insistance même si d’une
façon élusive. De plus, elles ont un genre, masculin ou féminin.
La
méditation au masculin, pratiquée par les femmes aussi bien que par les hommes,
fait appel à plus de discipline, à plus de régularité et de rigueur dans la
forme comme dans la fréquence. Elle répond à des règles strictes. Huston Smith,
l’auteur de « The World’s Religions » raconte qu’il a séjourné dans
un monastère en Asie et qu’il a pu y être initié au bouddhisme à condition de
réussir à s’asseoir en lotus pendant de longues heures de méditation. Il
l’a fait. Il raconte que, pendant les deux premiers mois, chaque jour, la
longue, très longue durée de l’assise créait une douleur atroce, d’une
intensité insoutenable, mais il a poursuivi sa formation à force de volonté.
Pour ce faire, il a du mâter son corps, en faire taire la plainte, ignorer sa
souffrance. C’est une approche masculine et valable pour certains et à certains
moments particuliers. Toutefois, il est possible de s’élever spirituellement
d’une façon plus féminine et ce, pour les hommes autant que pour les
femmes. On retrouve chez Daniel
Odier dans sa façon de pratiquer et d’enseigner le tantra cachemirien une
pratique plus douce et pourtant tout aussi agissante de la méditation. C’est
celle des micro-pratiques subordonnées à la banalité du quotidien, les yeux
restant grand ouverts sur la réalité.
Dans un
interview mené par Anne Devillard (qu'on peut lire sur son site: www.danielodier.com) Odier propose «la réalité quotidienne
comme champ de pratique, sans renoncer à quoi que ce soit, simplement en
touchant complètement le monde. » Chaque mouvement de la vie en soi, du
corps, de l’émotion est observé sans jugement, plus qu’observé, vécu
totalement. Les automatismes sont reconnus comme tel et sont mis de côté pour
favoriser un contact pleinement cosncient et consenti avec la réalité. Or, nous
dit Odier: « Pour parvenir à cette présence profonde, il est indispensable
que notre coprs, cet instrument merveilleux, soit parfaitement accordé.
C’est là où intervient la sensorialité. La première étape est donc de restaurer
toutes ces fonctions, de retrouver notre goût à la vie, d’être intégralement
disponible à la vie, avec tous nos sens, nos désirs et passions. »
La voie de
la simplicité, la voie du corps s’ouvrent avec aisance dans des méditations
toutes brèves où le cœur peut chanter juste, hausser le ton ou murmurer son
chant, où le corps n’est plus torturé, rejeté et haï, mais honoré.
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