Malgré une victoire incomplète sur mon
mental, je peux à l'occasion goûter au silence. Quelques minutes
seulement à la fois,
quelques minutes cristallines et de plus en plus longues. Je laisse
aller, je me balance sur la corde fine entre pensées et silence
intérieur, libérant ma tête de
sa folie.
Je continue à faire avec constance l’exercice de ne
pas essayer de tout comprendre, de tout analyser, de tout expliquer, tout le
temps. Être moins attachée à mes pensées et moins “rationalisante” est
difficile, mais lorsque j’arrive à être simplement présente à ma vie de tous
les jours, à mon corps, à l’amour, à la nature, aux autres, quelle récompense!
Ne pas trop vouloir en faire, moins réagir et plus observer, cesser les
jugements gratuits, même ceux qui semblent mérités, m’offrent un repos
nécessaire et crée une disponibilité plus grande à mon monde intérieur, à mon
intuition, à ma créativité et à ma parole de fond. Ainsi se créé en moi un
terrain propice à l’épanouissement de ma capacité à saisir la subtilité de l'énergie qui m'habite, qui m'entoure, qui me crée.
Souvent, l'ego reprend ses droits. La
vie simplement humaine avec ses limites et ses misères me tarabustent
pour un temps, plus ou moins long, plus ou moins éclairé. Ce matin, par
exemple, j'étais si préoccupée par mon départ imminent pour la campagne
que je suis passée près de ma plante préférée sans m'arrêter quelques
secondes pour la contempler. C'est la seule plante de toute la maison
qui fleurit à l'année longue. Je ne sais plus son nom, je l'appelle "la
belle" et je lui parle souvent. Ses fleurs sont roses, délicates,
abondantes. Comment puis-je être, parfois, inconsciente de sa présence
et de sa beauté?
La vie est précieuse...
(message du 28 octobre 2011)
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