"Quand nous avons passé neuf mois dans le giron maternel, dans une intimité à peine imaginable avec cet intérieur de corps de mère, et non seuleement l'intérieur du corps mais aussi l'intérieur de sa vie, de son être profond, et dans une intimité souvent très grande avec l'honmme de cette mère et ses proches, il y a des ruptures provoquées par certaines naissances qui sont difficilement surmontables. Cette intimité nous est absolument essentielle car nous ne pouvons pas nous développer sans ces deux dimensions de nous-mêmes dont nous avons besoin de faire l'expérience:
- d'abord le sentiment d'être identique, c'est-à-dire de pouvoir nouer avec un pareil ou une pareille une relation suffisammment proche pour pouvoir dire: " Je suis comme toi" et sentir qu'il n'y a pas de risque de se confondre à partager à deux semblables un espace de vie;
-puis cette intimité nécessaire avec l'autre différent, de façon que dans cette grande proximité puisse naître tranquillement le sentiment que nous sommes différents et que nous pouvons cohabiter en sécurité dans cette différence qui n'exclutt ni l'un ni l'autre.
Mais avant même de pouvoir se découvrir semblable et différent, il est essentiel d'avoir été respecté, dans le mystère de cet inconnu qui ne se manifeste encore que comme vie naissante et secrète.
Si cette intimité est différenciatrice, elle apporte aussi le secret nécesssaire à l'accomplissement de certaines expériences humaines, et les enfants savent très bien nous le faire comprendre, J'ai toujours entendu dans la consonance du mot "secret" le mot "sacré."
Lorsqu'un petit enfant plie en douze des morceaux de papier, les met dans une enveloppe, met l'enveloppe dans un sac, le sac dans un tiroir, et dit:"Faut pas toucher!", c'est sacré. Cela exprime certainement ce dont tout être humain a absolument besoin pour se développer, c'est-à-dire de savoir qu'il peut mettre quelque chose à l'abri, le cacher, et que l'autre respectera cela. Alors pour moi le "sacré" commence là.
La sexualité a, elle aussi, besoin du respect de ces dimensions-là pour s'épanouir... "(Sallez Hélène, dans Être à deux ou les traversées du couple, collectif écrit sous la direction de Nathalie Calmé, Paris, Albin Michel, 2000, page 129)
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