samedi 24 mars 2012

De la sexualité profane à la sexualité sacrée


"Or, rien dans le monde moderne matérialiste ne favorise une notion spirituelle, voire sacrée, de la relation de l’homme et de la femme. La consommation horizontale et unilatérale d’un objet par un sujet semble être le modèle relationnel le plus répandu dans notre société court-circuitée par la compétition et les loisirs. D’autre part, dans le monde de la spiritualité aussi, l’acceptation de la sexualité comme un  reflet du Sacré a été de tout temps une question délicate et subversive. Peu nombreux, d’ailleurs, sont les aventuriers de l’esprit qui ont osé affronter ce problème de front, au risque d’être considérés pervers, possédés ou hérétiques. La sexualité libre et la sexualité sacrée sans le seul objectif que de procréer reste sujet au blâme, à l’excommunion, à l’exil." (Jean Letschert, Être à deux ou les traversées du couple. Paris, Albin Michel, 2000, page 233)
“Un mode obsessionnel, la chosification des êtres, la surenchère, la standardisation et la désorientation caractérisent la sexualité moderne.”(Leleu, p.16)
“L’hypersexualisation. Licence. Manque de sens et de créativité. Celle-ci est  tuée par les loisirs, l’oisiveté, le vide au lieu d’être stimulée.” (Dr. Gérard Leleu, Sexualité, la voie sacrée, Paris, Albin Michel, 2004, page 16)
Les objets sont à réparer, les seins à grossir exagérément, mais les fesses, pas trop ! Les activités sexuelles sont mécaniques et les relations, techniques. L’accent est mis sur la tuyauterie, les dysfonctions. La relation n’est plus à travailler, les stimulations sont si faciles à trouver sur Internet ou ailleurs.  La paresse gagne, la facilité est trop grande et une relation est trop difficile à vivre, trop confrontante. Pourquoi s’en donner la peine alors qu’il est si facile d’utiliser la pornographie ou le premier venu pour obtenir ce qui est recherché, c’est-à-dire un relâchement de tensions?
Désarroi, déroute, souffrance, insatisfaction, manque de créativité, de vitalité… pour les deux sexes.
L’essentiel de ces manifestations génératrices de souffrances prend sa source dans le rejet de la féminité, résultat d’un long moment patriarcal. La solution se trouve donc dans le retour à la dévotion offerte à la féminité intérieure. Le chemin de guérison serpente à travers les blessures causées à la féminité, celle des hommes tout aussi bien que celle des femmes.
L’humain est aliéné de sa vraie nature sexuelle. Celle-ci est double, féminine et masculine, expansive et contractée, cardiaque et génitale. Il compense son attente, son impatience par le culte d’un certain aspect du sexe, réducteur, performant, extérieur, plutôt que de s’adonner au culte de la féminité. Éventuellement, il entrera dans la patience du travail intérieur et se laissera tenter par l’intimité.
Guérir les douleurs anciennes causées par une vision profane de la sexualité opère tranquillement une transformation profonde de la sexalité. Laissons-nous caresser par notre propre compassion.  Souvenons-nous de la grâce de nos ressources et de nos forces sexuelles.


2 commentaires:

  1. Quand j'étais étudiant en théo, j'avais fait un travail sur ça. Mais dans une perspective plus religieuse. Trippant.

    RépondreEffacer
  2. Ah! J'aimerais ça le lire ! L'as-tu encore ?

    RépondreEffacer