vendredi 26 juin 2015

Ce que Pierre Bertrand en dit...

Pierre Bertrand commence son très beau livre, L'intelligence du corps, par ces mots:


L'art le plus fort et le plus grand est l'art de vivre, celui-ci entendu non pas comme une esthétique de l'existence, ni même comme une éthique, mais comme l'art d'apprendre sans cesse à même la matière vivante, à même les émotions et les épreuves, à même les moindres événements et rencontres. Il s'agit de l'art d'être présent à ce qui est, peu importe ce qui est. C'est un art qui ne laisse pas de traces, ou seulement des traces imperceptibles. C'est un art qui s'exerce dans la vie quotidienne, qui exhausse celle-ci à l'oeuve d'art. Encore une fois, une telle oeuvre n'a rien d'esthétique, elle ne s'inscrit à l'intérieur d'aucun dandysme, d'aucune manière d'être trop visible ou étiquetable. Au contraire, il s'agit plutôt de l'art de passer inaperçu, d'entrer dans les choses, de faire corps avec la réalité afin de vibrer à son diapason. Il s'agit de l'art d'observer, d'apprendre, de se laisser traverser par les forces de la réalité, de faire taire les images et les problèmes trop personnels afin d'être sensible à la nature des choses et des forces qui s'y agitent.

Pierre Bertrand, 2004

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