Journée glorieuse hier à Montréal, au Québec, en Amérique du Nord peut-être! Et ça continue! Le printemps est arrivé... Les bourgeons se délectent de l'air du temps, les gens se prélassent sur les terrasses, dans les parcs. Au Québec, c'est pas peu dire! La beauté du monde encore incertaine, entre deux saisons, s'épanouit, se transforme de minute en minute.
Hier, j'ai mis un livre, un jus et un sandwich dans mon sac à dos et je suis allée marcher dans mon parc préféré d'Outremont, à la recherche d'un banc libre. Dès mon entrée dans le parc, je suis restée sidérée de la scène qui s'offrait à mon regard. D'un côté, des enfants jouaient tous ensemble dans le petit jardin sablonneux entouré d'une grille. Les rires, les cris de plaisir m'avaient interpellée déjà dans la rue bien avant mon arrivée. De l'autre côté, une grande solitude... Une vingtaine de bancs, plus peut-être, tous occupés par des personnes seules, silencieuses, le nez dans un livre ou un journal. La tête penchée, pas d'offrande au soleil. Quelques personnes allongées, en solo ou en couple, sur des couvertures. Je me suis avancée lentement vers le seul banc inoccupé que j'avais repéré de l'autre côté de toute cette solitude. J'ai bien essayé d'attirer quelques regards, j'aurais souri, j'aurais salué d'un mouvement discret de la tête. Je n'ai rencontré aucun coup d'oeil, aucune tête ne s'est relevée sur mon passage. Je sais que si j'avais été souffrante, je n'aurais pas davantage reçu d'attention. Au contraire, la douleur d'autrui détourne les regards plus sûrement que la joie.
Je me suis assise, seule, et j'ai contemplé ce spectacle urbain. Je l'ai reconnu. Résignée, j'ai deballé mon sandwich, mon jus de pommes et mon livre. J'ai lu seule, en mangeant, seule, mon dîner. Sans peine et sans joie. Avec beaucoup d'appréciation pour le monde imaginaire de mon livre, sans aucun contact avec mon entourage pourtant peuplé de beaucoup de personnes à qui j'aurais pu parler.
Aujourd'hui, je regrette. Je regrette de ne pas avoir dit bonjour aux gens en passant même s'ils ne me regardaient pas. Je regrette, mais à quoi bon? Pourquoi suis-je restée silencieuse moi aussi ? Je ne sais pas... je sais simplement que l'habitude et la résignation rognent les ailes plus sûrement que la solitude...
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