" Voici un très beau passage ( ne sont-ils pas tous beaux!) du livre de Gabrielle Roy, La détresse et l'enchantement :
"Traînant
les pieds, à bout de fatigue, à demi consciente de l'heure et du pays
où je me trouvais, j'avançai encore assez lontemps devant moi sans plus
réfléchir. Apeurée pourtant à la longue par un si persistant silence, à
la limite aussi de mes forces, j'allais enfin rebrousser chemin lorsque,
à peu de distance, presque dissimilé entre des arbres, m'apparut un
lieu habité. À une minute près, j'aurais donc tourné le dos à ce qui me
paraît aujourd'hui l'un des plus singuliers rendez-vous que m'ait jamais
fixés mon sort, à moins que tout n'ait été ce jour là qu'effet du
hasard. Mais, croire cela m'est encore plus difficile à tout prendre que
croire à une intrusion dans ma vie du merveilleux."
Les
circonstances sont bien différentes pour moi, mais quelque chose
résonne en moi en lisant ce texte: vulnérable, apeurée par un silence
persistant, affaiblie par le jeûne, tentée de rebrousser chemin, j'ai
trouvé, au bout de mes résistances, un lieu habité. C'était moi-même,
c'était le centre de mon village intérieur... et le merveilleux continue
d'entrer dans ma vie!"
J'ai écrit ce message après un jeûne d'une semaine. J'aime cette expression " village intérieur" et j'ai envie de venir en parler davantage demain...
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