mardi 25 octobre 2011

Marcher avec attention


 Un  regard chargé d’attention

Au moment où j'apprenais à développer mon talent médiumnique, un exercice, parmi d’autres, m’a permis de calmer ma tête, de quitter mes yeux c'est-à-dire de laisser aller cette attitude de voyeuse distante, détachée.  J'apprenais à regarder avec « mon corps» et c'est ce que je fais encore dans mon travail de transe. 
Je me promenais beaucoup dans un parc d’Outremont, toujours le même, hiver comme été. Je le traversais en diagonale, trop souvent avec une totale inconscience du lieu tellement j’étais absorbée par mes pensées.

Je me suis appliquée à observer les arbres magnifiques qui le composaient et, surtout,  à entrer en contact avec eux par toutes les fibres de mon corps. Comme si je pouvais les laisser me pénétrer de leur énergie, de leur bienveillance. Bientôt, j’ai su où étaient les érables rouges, comment s’ordonnaient les érables à Giguère et les érables de Norvège et j’ai cherché à reconnaître toutes les autres variétés d’arbres. Certains étaient très âgés, d’autres venaient tout juste de rejoindre cette famille de feuillus. Certains étaient malades ou abîmés, leurs branches ayant été coupées par les gens de la ville ou brisées par le vent et le verglas. D’autres, d’âge mûr, étaient vibrants de vitalité et semblaient répondre à mes avances.  Je m’imposais de ne penser qu’à tous ces arbres, l’un après l’autre, selon le rythme de mes pas. Je m’imposais de les regarder véritablement plutôt que de jeter sur eux mon indifférence. Je les laissais m’approcher de leur présence solide et vivifiante, enracinante, et je cherchais à maintenir le contact sensoriel le plus longtemps possible ... jusqu'à la prochaine inattention. Je contemplais leurs branches colorées ou dénudées ou encore pleinement épanouies, toutes tendues vers le ciel. À chaque distraction, je devais m’arrêter. C’est ainsi qu’il m’est arrivé de m’arrêter presque cent fois en parcourant ce parc que l’on peut traverser, en fait, en quelques minutes seulement.  J’atteignais l’autre côté après une bonne demi-heure, contente, en promettant de revenir et d’accomplir deux bonnes traversées de suite, sans distraction. Je dois dire qu’à ce jour, je n’ai pas encore réussi.  J’y travaille toujours cependant! (extrait de mon livre)

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