mercredi 18 mai 2011

La trahison, agent du sacré


Voici un passage très riche du magnifique livre de Jean Houston : «  La Psychologie sacrée. » Il s’intitule : « La trahison, agent efficace du sacré. »

« De toutes les blessures de l’âme, la trahison est sans doute l’agent le plus efficace du sacré. Elle présente deux aspects, l’un terrifiant, l’autre lumineux. Elle marque la fin de la confiance première, inconsciente, et nous plonge dans cette redoutable situation qu’est le franchissement d’une étape.  Dans toute la littérature de la trahison, il est question de perte de confiance, la confiance totale, inconditionnée, dans Celui qui initialement dispensait la justice, la stabilité et le réconfort. Mais cette confiance supposait un lien subtil et puissant, un blocage qui empêchait l’expression d’une conscience élargie, celle qui est nécessaire pour répondre à de nouvelles situations. La confiance contient en germe la trahison, le tabou implique et exige la transgression. La trahison entraîne la réflexion et donc une prise de conscience. Or, grâce à la conscience, nous pouvons transgresser, transcender, aboutir à autre chose. La perte des attachements primordiaux permet l’accès aux « dieux », au Plus, à des connaissances ou à des perceptions non assimilables jusque-là. Le message de la trahison signifie toujours que les choses ne sont pas seulement ce qu’elles paraissent être. » (p.169)
(Houston, Jane, La psychologie sacrée, Éditions Dangles, France, 1990)

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